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Sarcopénie

Mis à jour le 23/12/2022

Temps de lecture estimé à 5 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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médecin senior canne
© gettyimages/KatarzynaBialasiewicz
Faiblesse, dystrophie et autres troubles musculaires

Sommaire.

  1. Sarcopénie : histoire de la maladie
  2. Conséquences de la sarcopénie
  3. Diagnostic de la sarcopénie
  4. Sarcopénie : traitement et prévention

La sarcopénie est un syndrome associant une diminution progressive, anormale et généralisée de la masse et de la force musculaire induisant une perte des fonctions musculo-squelettiques pouvant être à l’origine d’incapacités physiques et donc de la perte d’une certaine qualité de vie voire d'un décès.

La sarcopénie est une pathologie fréquente, liée au vieillissement et souvent sous-évaluée, avec des conséquences tant au niveau de l’autonomie que sur un plan médico-économique. Faisons le point tout de suite.

À noter

La prévalence de la sarcopénie à l’hôpital est de 14 à 40 % selon l’âge, le sexe et l’état nutritionnel des patients. Dans la population générale, on estime qu’un quart des plus de 70 ans est sarcopénique.

Sarcopénie : histoire de la maladie

Au cours du vieillissement, l’organisme subit des modifications physiologiques dans toutes ses fonctions. C’est ainsi que la masse maigre de l’organisme qui correspond essentiellement aux muscles et viscères diminue avec l’âge (jusqu’à 12 kg chez l’homme et 5 kg chez la femme) au profit de la masse grasse.

Cette double modification intervient aux dépends des muscles squelettiques. Ces derniers auront tendance à s’atrophier.

Bon à savoir

Ce phénomène survient chez les sujets qui prennent du poids comme chez ceux dont le poids reste stable !

Les muscles constituent la principale réserve en glucides et protides (protéines) utilisable par l’organisme en cas d’apport alimentaire insuffisant.

Ils contiennent 50 % des protéines de l’organisme ; c’est pourquoi il est important d’avoir un apport suffisant en protéines pour maintenir voire développer sa masse musculaire :

  • Avec l’avancée en âge, la transformation des aliments en nutriments (unités assimilables par l’organisme) qui se réalise au cours de la digestion devient de plus en plus difficile.
  • C’est ainsi que chez l’âgé, pour obtenir la même quantité de nutriments assimilables que chez l’adulte jeune, il est nécessaire d’apporter une alimentation suffisamment énergétique voire plus énergétique.
  • Souvent, on croit à tort, que compte tenu d’une activité moindre, l’âgé a moins de besoins alimentaires. Or, ces besoins en énergie, s’ils ne sont pas dus à une importante activité physique, ils deviennent très importants dès lors que la personne est malade (infection, inflammation, geste chirurgical) ou lors de processus de cicatrisation.
Bon à savoir

: Ces besoins sont estimés à 2 000-2 250 Kcal chez l’homme âgé et 1 800-2 000 Kcal chez la femme âgée.

La sarcopénie est aussi fréquente chez les patients atteints de cancer et elle est parfois présente avant même le diagnostic.

Conséquences de la sarcopénie

La diminution de la masse puis de la force musculaire a un impact direct sur la résistance physique et donc sur l’activité de la personne.

Cette dernière sera plus fatigable et hésitera à faire des efforts trop importants :

  • Un cercle vicieux s’installe alors, moins la personne est active, plus elle est fatiguée.
  • La perte d’appétit est également un des effets reconnus.
  • Autre conséquence dont on parle de plus en plus : la chute !

Ainsi, la sarcopénie multiplie par 12 le risque d’ostéoporose (il existerait un lien entre l’ostéoporose et la sarcopénie, c’est-à-dire entre l’os et le muscle), elle multiplie par 2 le risque de chute et par 2,7 le risque de fracture.

La diminution de la masse musculaire s’observe notamment au niveau du bras et du mollet.

À noter

Certaines étiologies sont directement liées au vieillissement, d’autres sont dues à l’inactivité, au déficit nutritionnel (anorexie, malnutrition, dénutrition).

Chez les patients atteints de cancer, la sarcopénie est associée non seulement à une réduction de la survie, mais aussi à une plus mauvaise tolérance au traitement, à une réduction de la qualité de vie liée à une altération des fonctions physiques.

Diagnostic de la sarcopénie

En 2019, l’EWGSOP (European Working Group on Sarcopenia in Older People) a mis à jour son algorithme de diagnostic de la sarcopénie. Celle-ci est jugée probable en cas :

  • de force de préhension < 16 kg chez la femme ou 27 kg chez l’homme ;
  • ou d’un test de lever de chaise (se lever cinq fois de suite d’une chaise sans s’aider des bras) réalisé en plus de 15 secondes.

La dystrophie est confirmée en cas d’indice de masse musculaire < 5,5 chez la femme ou 7 chez l’homme ou de circonférence du mollet < 31 cm.

Sarcopénie : traitement et prévention

La prévention passe par l’association de la pratique d’une activité physique régulière (2 à 3 fois par semaine) et d’une alimentation suffisamment énergétique et protéinée.

Mais le traitement doit nécessairement inclure de l’activité physique (qui permet un renforcement musculaire et une amélioration de la qualité du muscle et son endurance) et comprendre des exercices de résistance tels que des soulèvements de poids, des étirements d’élastiques…

  • Certaines recommandations suggèrent un minimum de trois mois d’entraînement, d’autres proposent de compléter avec des exercices d’endurance en aérobie.
  • Les dernières recommandations de l’American College of Sport Medicine (ACSM) préconisent le maintien de la force musculaire ou son renforcement en réalisant au moins deux sessions hebdomadaires d’entraînement. Les sessions doivent se composer de 8 à 10 exercices faisant travailler les principaux muscles du corps (torse, épaule, dos, bras et jambes), à raison de 10 à 15 répétitions de l’effort pour chaque exercice.
  • En parallèle, il est recommandé de proposer des exercices à effectuer chaque jour à domicile. Il peut s’agir d’exercices d’équilibre (lever de jambes en prenant appui sur un support) ou de renforcement musculaire en faisant par exemple cinq à six flexions sur jambes (squat) trois fois par jour.

L’apport en protéine nécessaire est de 1 à 1,2 g/kg/jour (alors qu’un adulte jeune n’a besoin que de 0,8g/kg/jour). Ceci correspond à 60 à 72 g de protéines pour une personne pesant 60 kg. Idéalement, les apports riches en protéines doivent se faire après les exercices pour aider à stimuler le remodelage et la réparation des muscles.

En cas de sarcopénie avérée, il est nécessaire de pouvoir bénéficier d’une kinésithérapie adaptée associée à une alimentation enrichie en protéines avec 1,2 à 1,5 g/kg/jour (chez les patients en état de dénutrition). En revanche, il convient de réduire de moitié ou plus les apports en protéine et ne pas dépasser 0,6 g/kg/jour en cas d’insuffisance rénale de stade 3 à 5.

Bon à savoir

D‘autres pratiques sportives comme le taï-chi et le yoga sont aussi bénéfiques chez les personnes âgées.

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